Comprendre l’emprise mentale

La société méconnaît l’emprise mentale alors que ce phénomène ne concerne pas que les autres : une mauvaise rencontre, à un certain moment, dans certaines circonstances, peut tomber sur un proche, quelque soit son niveau d’études, sa culture ou sa fortune.

Gourou et adepte forment un « couple » avec un dominant et un dominé, il s’agit d’un lien pathologique car le gourou capture la liberté de l’autre, l’emprisonne, en fait sa marionnette, en nourrissant sa propre problématique psychique.

L’emprise mentale est un phénomène insidieux, pouvant être décrit par les psychologues. Certains symptômes sont visibles : rupture des liens familiaux, escroquerie financière, dangerosité du gourou ou du groupe…

Qu’elle soit le fruit d’un court ou long processus, l’emprise mentale est un vice de consentement. Quand elle est préjudiciable, il s’agit d’un délit, voir d’un crime.

Le gourou a consciemment ou non des techniques, ceci à des fins perverses de conditionnement, de contraintes morales, psychologiques, physiques, d’exigences sexuelles et d’escroquerie. Le plus souvent il séduit la victime (du latin se ducere : « conduire à soi »), la dépersonnalise quand il a sa confiance, puis la reconstruit, la formate, lui impose une nouvelle identité automatisée.

Nombre de gourous sévissent aujourd’hui, leur motivation consistant essentiellement à rehausser leur image d’eux-mêmes, car ils ont bien souvent des problèmes liés au narcissisme.

Les familles, amis ou collègues sont impuissants, notamment si les victimes donnent une apparence de normalité. Les collatéraux ont le sentiment de perdre l’un des leur, sans pouvoir agir.

Il est possible de sortir de l’emprise mentale : cela peut se faire par un déclic suite à des exactions du gourou, à sa condamnation par les autorités publiques ou religieuses, par un travail psychologique…

Le soutien des proches s’avère très important pour aider les victimes.

Ces dernières peuvent mettre beaucoup de temps pour se rendre compte de ce qu’elles ont subi et pour s’en remettre au mieux. Des psychologues accompagnent ce travail pour se reconstruire, quitter la prison mentale et retrouver la liberté. Ils soutiennent également les collatéraux, eux aussi en demande d’aide.

"La vérité fait moins moins mal que le mensonge"